dimanche 4 mai 2014

La forêt

Quelle humeur joyeuse rencontre mon âme
Quand d'un pas modeste je marche en ton sein.
Sombre et chatoyante, de mille voix tu déclames
Un concert majestueux d'instruments divins.

Quelle belle armée désordonnée que voilà,
Qui chante sa liberté, son désir d'oxygène.
Conquête du ciel par la racine, alléluia, ...
Récompense de lumière et de vie, Amen

Fraicheur du matin sur ta beauté orchestrale,
Où bruissent les habitants réveillés par le jour.
Terre de jouvence, mirifique jardin royal,
Maternellement, tu donnes ton sein avec amour.

De tes mains griffues, sifflent les oiseaux
Comme des sirènes nous attirant vers toi.
A la douce saison, vêtue d'un feuillu manteau,
Voilà la mode qui me met en émoi.

Le chat

Deux éclats scintillant perchés à minuit
Glissent mystérieusement et sans bruit.
Quelle est donc cette sibylline créature
Habillée d'une si élégante fourrure ?...

C'est le petit chat, furtif et malicieux,
Redoutable chasseur, drôle et affectueux,
Qui guette dans une branche, bien caché
Prêt à bondir d'un trait, sans pitié.

Ô Bastet, réjouissance du foyer,
Douceur câline recroquevillée,
Berce mon esprit ma délicate amie,
Chante ton ronronnement si exquis.

Soyons comme homme et chat.
Entre nous deux, point de charabia.
Onctueuse simplicité de la caresse,
Echange et partage de l'allégresse.

Les zombies

Par quel sursis sont-ils encore sur deux pieds ?
Claudiquant, traînant leurs carcasses atrophiées.
Des embruns de pourriture infecte voltigent,
De leurs oripeaux macabres, dernier vestige....

Pantins désarticulés, abasourdis, las;
Les yeux caves, bouillis, miroir de l'au-delà;
Mort à rembourser, décrépits, d'un miasme l'autre,
Etre et ne pas être, répondent les apôtres.

Verdâtres, gluants, insipides, atomisés;
Les cervelles cathodiques standardisées
Lorgnent en bougonnant des longs râles ésotériques,
De la chair fraîche, vivifiante, protéique.

Des catacombes retentit un chant funèbre,
Voix rauques, bistres, étouffées par les ténèbres :
"Nous sommes les zombies, croulant, puant, chantant
On dégouline... on s'éparpille... contretemps

Hourra, hourra ! nous sommes les zombies !"

Le Baiser

Oh oui ! je le perçois le frisson délirant,
Le maelström baveux, l'hyménée succulente
Des langues pirates, chercheuses de trésor.
Je flambe ma belle, à bâbord, à tribord !...
J'en veux du partage, de la dichotomie,
De l'étude sérieuse dans la gastronomie.
Au secours...! je flanche ivre mort de tes voyelles
Prisonnier dans ton croissant de lune de miel.
Vampire ! respire ! aspire ! soupire !
Ô danse ma limace, jusqu'à t'évanouir.
Sainte mère de Dieu, j'en retrouve mes mots
Sur tes lèvres, j'en donne moi, de la philo.
Qu'elle est violente la houle ! si éclatante,
Gémissante ferveur, galaxie allaitante !
Croisons le muscle ensemble, petite chérie,
Comme tu es adroite, sans pitié mon amie !
Voilà le progrès, la connexion alcoolique,
La suave...hum... télépathie hydraulique !

J'avoue tout !

La grande ville

La grande ville.

Elle hurle sans voix, dégouline sans fin sa vibrante puanteur
L'ignoble froideur métallique transpire sa pesanteur angoissante...
Elle ronfle, s'écartèle sans fin, dans un vrombissement électrique
La marche affolée et grouillante, se déverse dans les artères géométriques
Grisaille infinie, morcelée, gémissante, purulente, glabre
Matrice de toutes les jalousies, de toutes les convoitises célestes
Armature de débris prétentieux assemblés vulgairement, hâbleries!
Toute la tôle s'amoncèle, agresse, découpe, il faut fuir
Elle suinte, elle vomit, elle caracole, tout s'accélère
Ordre du chaos...vermine cafardeuse poudrée de gaz toxiques
Elle pétarade dans les immondices de sa nourriture gâtée
Elle vitupère, elle digère, elle tue, elle étouffe, la grouilleuse
Repère des rats gluants, obscènes, sniffant leurs ordures
Déboussolé par la ruine du jus de fric qui pleure de l'injustice
Oh oui, je suis médusé par tant de fracas, de misère assourdissante
Toute cette obscénité pauvrement mathématiques, si débile
L'harnacheuse substance du crime, oh non elle ne rigole pas !
Je galère dans les alcôves souterraines, où courent les condamnés
Les ondes rebondissent, l'hystérie stroboscopique acquiesce
La peur s'engouffre, jaillit, éclabousse dans les pupilles écarlates
Où es-tu liberté chérie ?dans ces tranchées boueuses, cette guerre
Absurde? dans le ventre des pigeons voyous et édentés ?
J'entends la mitrailleuse des pots d'échappement qui rotent et qui pètent
Un voile obscur masque et aveugle...on tousse! on pleure! on crache !
Son refrain sardonique vous perce les joues, vous fond la marmite
Vous souhaiteriez que tout s'écroule, s'évapore dans un hommage
Grandiose, un tourbillon photonique, un serpentin cosmique,
Une fête titanesque et brûlante où la grande putain serait déchirée
Atomisée par des papillons riants, parfumés de jasmin et de camélia
Je veux danser, chanter et rire sur tes restes fumants, sur les monceaux
De tes débris agonisants, autour d'une magnifique colonne de fumée noire !
Ta ta ta tammm ! Ta ta ta tammm ! Beethoven ajuste et frappe
La montagne vulgivague de briques et d'effroi explose dans un orgasme hilarant.
Ô ruines ! Vous ruinez moins maintenant. heh ! j'existe ! je déclame!

dimanche 16 février 2014

Le visage

Avez-vous vu cette lueur lui ai-je dit ?
Je le jure, je le jure, c'est habité !
Regardez comme elles brillent, telles deux bougies,
Brûlantes et pénétrantes; jumelles voies lactées....

Ces phares, bleutés, m'ont guidé vers le rivage
Vallonnée...escarpée... en voilà un travail !
De là-haut, j'ai vu la beauté de ce visage
Du sommet aquilin, sculpté dans la rocaille.

C'était une femme, une âme enchanteresse.
Ses longs cheveux, doux fils de soie mélancoliques
Pleuvaient sur ses épaules, chantant la tendresse.
Sa peau, onctueuse, écrivait un cantique.

Lorsqu'elle a sourit, j'ai cru être englouti
Je la voyais toute entière, dans son essence
Illuminée: du monde le plus sain des fruits.
J'ai navigué en enfer, puis enfin ! du sens !

Lèvres, arches d'alliance rougies par le sang,
Ecorce souple d'une sève d'ambroisie.
Je toque à vos belles portes, languissant,
Accueillez donc la ferveur de ma poésie.
 

 

mercredi 12 février 2014

L'orage

L'astre céleste illumine son domaine
Cornemuses soufflent leur refrain bohême
Un air classique s'infiltre dans les poumons
Vigueur, vitalité, entrain d'un tourbillon.
 
Au lointain, la noirceur d'un orage éclate
A quatre pieds d'une cachette immédiate.
Qu'il est joyeux de voir cette apocalypse
Colère du grand Zeus, sa féroce éclipse.

Près d'un rouge feu amical et crépitant
Je lis, assis en paix, un livre passionnant.
Les arbres dansent, la pluie grelotte
Alors que mon esprit me joue d'autres notes.

Le tonnerre gronde, les terres s'inondent,
Tout devient si étroit, dans ce vaste monde.
Les éclairs tissent leurs toiles illuminées.
Mon ventre gargouille, c'est l'heure du dîner.